BORDEAUX NE S'HABITE PAS COMME UNE AUTRE VILLE.
La pierre blonde, le plan d’une échoppe qu’elle soit simple ou double, la lumière d’ouest, tous ces éléments sont autant de contraintes que de points de départ.
La pierre blonde impose sa palette.
La première donnée bordelaise, c'est la pierre.
Ce calcaire blond, presque doré, réchauffe. Il tolère mal les blancs froids, qui le font paraître sale, mal accordé. En revanche, il s'accorde avec les teintes profondes : verts sombres, terracotta, bleus nuit.
Par ailleurs, la pierre bordelaise est poreuse : l'humidité fait partie de l'équation : enduits respirants, chaux plutôt que plaques étanches.
C'est une contrainte technique avant d'être un choix esthétique.
L'échoppe bordelaise : un plan qui commande tout.
De plain-pied, en pierre, sur une parcelle étroite et longue, l’échoppe aligne ses pièces en enfilade jusqu’au jardin.
Sa pièce centrale ne voit presque jamais le jour. Je ne cherche pas à simuler une lumière absente, je l’assume.
Des teintes enveloppantes, un éclairage en plusieurs sources, des matières qui accrochent la lumière artificielle : la pièce du milieu devient salon d’hiver, bibliothèque, bureau ou cuisine s'il y a lieu.
Quand les cheminées, carreaux de ciment ou menuiseries d’origine subsistent : ils sont le point de départ du projet.
Quartier par quartier, on rénove.
Le centre de Bordeaux, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, garde une cohérence rare.
Les immeubles du XIXe affichent des codes Haussmanniens : plus de trois mètres sous plafond, moulures, parquets en point de Hongrie, cheminées de marbre, fenêtres hautes. Ces grands volumes paraissent vides s'ils ne sont pas décorés juste.
Dans les quartiers de Nansouty, Saint-Genès ou de la Bastide, les échoppes se rénovent par vagues.
À proximité du Parc Bordelais, on respecte l’Haussmannien.
À Saint-Pierre, sur un tracé médiéval, on rénove du XVIIIe.
Les Chartrons portent la mémoire du négoce du vin : on peut mélanger les styles.
À Caudéran, les intérieurs sont plus classiques.
Aux Bassins à flot, les programmes neufs inversent le sujet : on retrouve des plateaux blancs qu'il faut doter d'une identité.
Le goût bordelais : la retenue.
L'histoire de la région a laissé un goût durable pour les matériaux nobles et une méfiance envers l'ostentation. On y préfère un beau tissu, une pièce chinée à un objet déjà vu.
C'est une ville qui correspond à ma façon de travailler : partir de ce qui existe pour l’adapter aux goûts du propriétaire.
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© Photos : Tavel of path, Lalanne immobilier, faubourg intérieurs, 33Immo, Sylvie Blanc Immobilier, Atelier MAB, Bordeaux Confidentiel.










